
La température de l’eau chaude, l’échaudage et la maladie du légionnaire
La température de l’eau chaude et son effet sur l’incidence de l’échaudage et de la maladie du légionnaire est un sujet d’actualité dans l’industrie. Ce sujet est abordé lors des audiences sur le Code de plomberie, et il ne se passe pas un mois sans que l’on n’en fasse mention dans les revues spécialisées. Nous avons rassemblé ici une panoplie de renseignements sur la question. Nous espérons que vous les trouverez intéressants et instructifs.
Faits sur l’échaudage
Pour détruire la bactérie qui cause la maladie du légionnaire, il faut porter la température de l’eau à au moins 140°F (60°C).
Mais à 140°F (60°C), l’eau peut causer des brûlures au troisième degré, et ce en une seconde chez les enfants et en cinq secondes chez les adultes. La Consumer Product Safety Commission des états-Unis affirme qu’environ 3 800 blessures et 34 morts sont directement liés à l’utilisation d’une eau trop chaude dans les résidences (les responsables de la Campagne nationale pour la sécurité des enfants établissent le nombre de blessures par brûlure à 6 500).
Pour prévenir à la fois la maladie du légionnaire et les brûlures, il faut placer l’eau à haute température en lieu sûr et la faire refroidir avant sa distribution dans l’appareil sanitaire.
Faits sur la Legionella
La maladie du légionnaire a été nommée ainsi en 1976, alors qu’une épidémie de pneumonie s'est déclarée chez des personnes participant à une convention de la Légion américaine, à Philadelphie.
La bactérie se propage par inhalation, qui peut se produire en prenant une douche, en se lavant ou en buvant de l'eau.
On estime que de 8 000 à 18 000 personnes contractent la maladie du légionnaire chaque année aux états-Unis (de 5 p. 100 à 30 p. 100 des cas sont fatals).
La maladie du légionnaire peut causer de la fièvre, des frissons et de la toux, qui peut être sèche ou produire de l’expectoration. Certains patients ressentent aussi des douleurs musculaires, des maux de tête, de la fatigue, une perte d’appétit et, à l'occasion, souffrent de diarrhée. La Legionella peut aussi causer des pneumonies parfois difficiles à diagnostiquer.
L’amélioration de la conception et de l’entretien des tours de réfrigération et des systèmes de plomberie en vue de limiter la croissance et la propagation des organismes de la Legionella constituent les fondements de la prévention de la maladie.
Limites du chauffe-eau
Le thermostat d’un chauffe-eau est un dispositif de contrôle statique conçu uniquement pour permettre au chauffe-eau d’assurer sa fonction de générateur d’eau chaude et d’appareil de stockage.
Le thermostat peut être « réglé » avec une exactitude de ±5°F (±3°C) dans le meilleur des cas.
La différence entre les positions « fermé » et « ouvert » du chauffe-eau peut atteindre 15°F (9°C), ce qui en réduit l'efficacité.
Conditions idéales pour la maladie du légionnaire
La Legionella pneumophila, la bactérie qui cause la maladie du légionnaire, se développe dans l’eau chaude stagnante.
De l’eau à 120°F ne tue pas la bactérie; une température minimale de 140°F est requise.
Un chauffe-eau réglé à 120°F peut contenir de l’eau à une température aussi basse que 100°F.
Pour éliminer la bactérie, plusieurs étapes doivent être suivies, y compris l’élimination des tronçons morts et le rinçage. Toutefois, sans une température de stockage de 140°F, toutes les autres étapes ne peuvent pas résoudre le problème.
La maladie du légionnaire dans les résidences
Lors d’un test effectué récemment, on a décelé la bactérie Legionella dans l’eau de 24 p. 100 des résidences d’un groupe expérimental de 21 familles.
Une combinaison de nouvelles et d’anciennes recherches donnent maintenant à penser que la bactérie peut se développer dans les tuyaux d’eau chaude des résidences, et l'alimentation en eau dans les résidences peut être directement responsable de 20 p. 100 des cas de maladie du légionnaire.
Les bactéries se trouvant dans les sources d’eau naturelle (comme celles utilisées dans les résidences) ne sont pas soumises aux processus de filtration et à la désinfection chimique comme l’eau municipale. Les sources d’eau naturelle doivent plutôt être traitées par le propriétaire, et ce processus s’avère souvent non uniforme ou incomplet.
Le Canada prend le pas sur les états Unis .
Un changement a récemment été apporté au Code de plomberie du Canada. Ce changement requiert que l’eau acheminée aux appareils dans les bâtiments résidentiels soit à une température maximale de 49°C (120°F).
Ce changement devrait être adopté d’ici janvier 2004 et être pleinement en vigueur d'ici le milieu de 2004.
Les raisons sous-jacentes au changement du Code sont précisément la prévention de l’échaudage et de la maladie du légionnaire.
Les solutions mentionnées dans le Code comprennent l’installation d’un mélangeur principal sur le chauffe-eau ou d’un mélangeur sur chaque appareil individuel.
Comment le problème est-il abordé ailleurs dans le monde?
Plusieurs pays, dont bon nombre en Europe, ont adopté des règlements exigeant que l’eau soit stockée à une température d’au moins 140°F et soit distribuée à une température d’au plus 120°F.
Le dynamisme dont les pays font preuve pour régler ce problème démontre l'importance de la sécurité du stockage de l'eau.
Normes relatives aux produits
Plusieurs nouvelles mises à jour et innovations ont été apportées aux normes relatives aux produits dans l’industrie du contrôle de la température de l’eau.